The Game - David Fincher
Il est quelque chose de particulier avec tous ces thrillers des années 90. Y'en a eu des tonnes, que France 2 se plait a rediffuser à longueur d'années (genre vous savez les Wesley Snipes "Meurtre à la Maison Blanche" ou je ne sais quoi). C'etait une vraie mode. On nous en a servi du Bruce Willis, du Morgan Freeman ou du Ashley Judd. Le genre tombe en relative désuetude, plus propice à un accomplissement populaire à travers le medium televisuel. De merveilleuses series comme FBI portés disparus, Cold Case ou 24h Chrono pour ne citer qu'elles. La ou je veux en venir, c'est que dans toutes les mouvances, il y'a des trucs qui ressortent et qui semblent inusables. Les films de David Fincher en font partie. Je revoyais il y'a peu en dvd Usual Suspects de Bryan Singer. Que ce film, bien que réussi et bluffant à chaque fois, reste terriblement engoncé dans son époque. Ca pue les années 90 à plein nez! On pourrait parier que dans 40 ans on regardera plus Usual Suspects pour sa valeur historique, symptomatique d'une époque que pour sa capacité à scotcher le spectateur. A la reflexion et avec le recul, ce n'est pas le talent de conteur de Singer qui est à remettre en question (il nous l'a reprouvé à de maints reprises depuis) mais plutôt le scénario qui après toutes ces années nous apparaît comme un peu vide, voire vain. Son plus grand mérite, avoir réussi un merveilleux méchant de cinéma. Mais je m'eloigne de mon sujet. A l'opposé de Usual Suspects, The Game semble ne pas conduire. La personnalité, le style de son auteur immediatement reconnaissable n'y est pas pour rien. On est bien chez Fincher, ce poète de la crasse urbaine, des parkings bleutés et des cameras de surveillance. La dernière fois que j'ai vu The Game, ça devait etre à peu près deux ans après sa sortie cinéma. Je devais avoir douze ans. On ne voit pas les mêmes choses à douze ans qu'a dix-neuf, c'est évident. Pour moi, à l'époque, The Game c'était un thriller du dimanche soir, à la mécanique sublimement huilé. Le pantin m'avait particulièrement marqué, il m'effrayait un peu je pense (tant et si bien que j'etais etonné qu'il n'ait pas plus de présence à l'ecran, contrairement au souvenir du film que j'avais gardé). Depuis le temps, David Fincher c'était devenu plus qu'un réalisateur de thrillers pour moi. C'était Mr. Fight Club d'abord, celui qui avait réussi à faire la critique du capitalisme la plus violente et la plus profonde à l'intérieur même du sérail Hollywoodien. Puis c'est devenu plus récemment, Mr. Zodiac, le chien fou assagi à la complexité thématique decuplée. The Game m'apparaissait donc sous un jour différent. Beaucoup moins conventionnel qu'il n'y parait, Fincher rejoint Hitchcock non plus seulement par son imposante virtuosité mais aussi et surtout par ce pur et simple plaisir de la manipulation des personnages. The Game, c'est un peu mille et une façons de pourrir le train de vie d'un enculé de capitaliste, de l'intimidation jusqu'au nettoyage à sec de ses comptes en suisse, en passant par un aller simple pour Mexico sans papiers ni dollars. Comment n'avais-je pas pu voir ça à l'époque? Tout simplement parce que The Game, c'est un peu un prémice à Fight Club. Un parcours de vie où le "When you've got nothing, you've got nothing to lose" de ce cher Dylan prend tout son sens. Tout recommencer de zero, pour pouvoir vraiment profiter pleinement de l'existence sans imperatifs sociaux ou culturels. A la fin tout cela n'etait qu'un jeu, et à Sean Penn, le petit frère, de dire "fallait que je fasse quelque chose, tu devenais vraiment con...". C'est rassurant de se dire comme ça peut faire des films aujourd'hui à Hollywood, non?
Vous descendez? - livre de Nick Horny
J'ai decidé de parler un peu plus d'une autre de mes passions : la littérature. C'est vrai, je me suis rendu compte que je lisais assez souvent et que cette partie de mon existence n'était pas du tout proportionnelle aux nombres de critiques littéraires sur ce site. Il faut dire que pour être franc, la critique littéraire, déjà le terme me parait pompeux et pretentieux (bien plus que la critique cinématographique, il faut croire) et que ça m'a toujours un peu effrayé. Quand j'etais plus petit je ne lisais pas beaucoup. J'ai plutot une culture de magazine et de télévision à la base. J'ai toujours eu peur de ne pas avoir les connaissances, la prétention suffisante. Parce que je n'ai pas lu tout Flaubert ou Zola, des fois je me dis que ça ne m'offre pas la légitimité de donner mon avis sur la littérature. Alors que c'est con, il y'a des Bergman que je n'ai toujours pas vu, et je ne me gene pas pour dire que Pirates des Caraibes 3 est un chef-d'oeuvre (ce qui ne me met pas à l'abri de la polémique, soit dit en passant). Le livre en question est une de ces comedies legerement grinçantes et pourtant d'une drolerie rafraichissantes dont Nick Hornby a le secret. Nick Hornby pour ceux qui prennent le train en marche, c'est un anglais, un pape de la culture populaire mondiale (dans ce que le terme culture populaire a de plus général) et un type qui sait délicieusement capter l'air du temps. Par deux fois, il a été l'objet d'adaptations cinémtographiques (et oui on y revient...). La premère, c'est High Fidelity, que certains ont vu j'espere. Avec John Cusack, Joan Cusack (si ce n'est donc toi, c'est donc ta soeur!), Tim Robbins et l'inénarrable Jack Black. L'histoire d'un disquaire paumé, qui passe ses journées avec ces deux employés à eriger des tops 5 ("Top 5 des chansons que tu voudrais qu'on passe à ton enterrement!", "Top 5 des meilleures faces B de tous les temps!", j'en passe et des meilleures...) et qui vient de se faire larguer par sa copine. La seconde, c'est Terrain d'Entente des Frères Farrelly avec Jimmy Fallen et Drew Barrymore. Adapaté de Carton Jaune, le film opère une délicate traduction du monde du foot anglais à celui du base-ball américain. Ce passage sert l'universalité du propos de Hornby, et sa propension à traduire l'état d'esprit de nos sociétés occidentales. Vous Descendez? donc, c'est son bouquin le plus extrème dans le genre. Quatre paumés se rencontrent sur la tour du saut (un endroit ou les gens vont généralement pour se suicider...) à Londres le soir du réveillon du Nouvel An, et s'empèchent ainsi mutuellement de se suicider. Je sais ce que vous vous dites... Soit c'est tres deprimant... Soit c'est très melo... Ni l'un ni l'autre. C'est ce qui en fait le meilleur livre de son auteur. Il illustre avec brio à quel point il peut se permettre d'eviter les ecueils non seulement en les contournant, mais surtout en passant à un bon millier de kilometre à coté. La narration est évidente, claire et limpide et navigue parfaitement entre les styles, chaque chapitre racontant l'avancée de l'histoire selon le point de vue d'un des quatre personnages. Ce parti pris expose l'incapacité de se comprendre sans condescendance, seulement en l'acceptant, ce qui n'empeche pas les personnages de s'entraider et de parfois avoir des instants de lucidité et d'intelligence tout simplement bouleversants. J'essaierai plus souvent de m'adonner à ce genre de critiques, c'est assez simple en fait...
Sinon, qu'est ce que je pourrais raconter... C'est bien la Corse! Bon ok... Pas de surprises. Je suis toujours heureux d'y retourner. Quand je suis à Paris, j'y pense souvent. A cette insouciance, cette beauté de l'instant, cette façon de glander totalement différente qu'à Paris. J'y repense à Paris parfois, mes petits bars me manquent. Je ne peux pas aller voir certains films, et ça c'est une vraie carence (d'ailleurs si certains d'entre vous ont vu Tenacious D : Pick of the Destiny, qu'ils laissent un petit commentaire pour me dire ce qu'ils en ont pensé. Par contre si vous êtes allés voir Ocean's 13 ou Shrek 3 c'est pas la peine...).
Lola ma chérie, je pense à toi. Je n'ai pas pu t'appeller là. Mais si tu lis ça, sache que Damien et moi pensons serieusement à venir te voir. Alors garde bien les fesses sérrées en attendant.
Ah! La carte bleue de Cecilia. Vous avez vu ça? C'est incroyable quand même. Une carte de crédit qui te permet de prendre ce que tu veux, c'est l'état français qui paye. Il parait qu'elle ne l'a utilisé que pour deux ou trois déjeuners d'affaire. Des affaires de quoi? Avec qui? Laetitia Hallyday? Pour se réjouir mutuellement de la baisse du bouclier fiscal? Je suis sur qu'elle nous a fait Pretty Woman sur l'Avenue Montaigne avec sa carte. C'est le rêve ça quand même. Une carte bleue illimitée presque. Qui puise l'argent sur le même compte avec lequel on construit des autoroutes ou des hopitaux. Vous feriez quoi avec? Ca vous ferait chier de l'utiliser? Laissez des commentaires là aussi pour laisser vos impressions. C'est quand même une question fascinante...

Commentaires
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire